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Brice Hortefeux : « jamais dans notre Histoire il n’y a eu autant d’étrangers sur notre territoire »


Rédigé par Quentin LEPORT

Publié le 18.03.2023


INTERVIEW / VIDÉO - L’ancien ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux a estimé dans Zone Pol sur MRG que « le droit d’asile est devenu aujourd’hui, sans doute, la deuxième filière de l’immigration clandestine ». 

Pour le député européen LR, sur la dernière année dont on connaît les chiffres, plus de 320 000 titres de séjour ont été délivrés contre 192 000 il y a 10 ans. « Jamais dans notre Histoire il n’y a eu autant d’étrangers sur notre territoire, c’est une observation factuelle, pas un jugement, pas une opinion ». « Le droit d’asile est devenu aujourd’hui, sans doute, la deuxième filière de l’immigration clandestine » estime-t-il. Brice Hortefeux rappelle que lorsque des personnes arrivent en France et demandent le droit d’asile, elles voient leurs demandes examinées, validées ou invalidées par des organismes. « S’ils considèrent que vous ne pouvez pas bénéficier du droit d’asile, vous êtes à ce moment-là sous le coup d’une OQTF (obligation de quitter le territoire français) et aujourd’hui, le problème, est que l’on sait qu’il y a à peine 6% des personnes qui respectent la décision » explique Brice Hortefeux. Il estime au regard de ce que disent les organismes en charge de traiter les demandes d’asile, que beaucoup d’entre elles sont « bidons ». Pour pallier à cela, il suggère une chose : que ces demandes se fassent dans le pays d’origine des demandeurs d’asile. Réduire le délai de départ actuellement de 30 jours, pour quitter le territoire, est également une volonté de Brice Hortefeux parce que « lorsque vous avez trente jours pour quitter le territoire, inutile de vous dire que si vous êtes de mauvaise foi, pendant les trente jours vous disparaissez dans la nature et donc vous devenez clandestin ».

Brice Hortefeux favorable à ce que les côtes européennes ne soient plus accessibles aux bateaux transportant des clandestins.

« Ce qu’il faut c’est qu’il y ait des missions qui soient données, notamment à Frontex, pour pouvoir reconduire les personnes voulant se rendre illégalement en Europe » précise l’ancien ministre de l’Intérieur. Le bateau Ocean Viking accueilli par la France l’an dernier ? Il n’aurait jamais pris cette décision parce que cela constitue « un signal qui est donné ». « La notion d’appel d’air est une notion extrêmement pratique, vérifiable et donc il faut adresser des signaux clairs ».

La question essentielle selon Brice Hortefeux, est la suivante : « pourquoi peut-on venir sur notre territoire sans en demander l’autorisation ? ».  « Quand on vient chez vous, j’imagine que vous n’accueillez pas les gens que vous ne connaissez pas, que vous ne souhaitez pas, que vous n’avez pas invité et bien c’est la même chose » lance l’ancien ministre. Il pense que l’immigration est utile, notamment du côté des saisonniers, pour lesquels « on a besoin d’une main d’œuvre qui est une main d’œuvre étrangère, mais on vient si on est autorisé, c’est une pratique dans la vie de tous les jours pour chacun de nous, c’est valable pour un pays ».

Brice Hortefeux pense par ailleurs qu’il faut modifier les règles d’accès à la nationalité « notamment en exigeant des connaissances plus précises des valeurs de la République, en exigeant de connaître de manière plus précise les valeurs du pays, la laïcité, l‘égalité homme-femme ainsi que la connaissance de la langue française », « parce que réclamer la nationalité sans connaître la langue, je pense qu’il y a une incohérence ».  

Son interview en vidéo

Photo : MRG Médias


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