Capucine Edou (Génération.s) : « nous sommes une des chevilles ouvrières de la NUPES »


Publié le 17.06.2022


INTERVIEW/VIDÉO - Porte-parole du mouvement Génération.s fondé par Benoît Hamon, Capucine Edou estime que ce qui compte pour les législatives, « c’est de faire partie de la NUPES ». Elle est par ailleurs consciente que son mouvement ne lui permet pas d'être un « grand parti » notamment du fait qu'il ait « une histoire récente ».

Benoît Hamon, candidat à la présidentielle en 2017 pour le Parti socialiste a fondé le mouvement Génération.s. quelques mois après sa défaite. Pour Capucine Edou, « il symbolise beaucoup de choses pour nos concitoyens, c’est quelqu’un qui est porteur d’un profond humaniste et qui a su mettre sur le devant de la scène les sujets qui sont liés à la justice sociale ». Depuis son retrait de la vie politique l'année dernière, le mouvement n’a pas su trouver de figure aussi emblématique que Benoît Hamon pour porter ses idées. Malgré le manque de figure de proue pour Génération.s, Capucine Edou n’en démord pas et insiste sur le fait que « de nombreux élus sur les territoires travaillent et font la différence auprès de nos concitoyens ». Elle reste néanmoins consciente de ne pas être membre d’un « grand parti », « on a une histoire récente ». « Nous sommes une des chevilles ouvrières de la NUPES » défend la porte-parole, et « nous sommes en capacité de travailler avec l’ensemble des autres mouvances politiques ». 

Douze candidats Génération.s ont été investis par la NUPES pour les législatives, le nombre le plus bas en comparaison avec les autres partis de l’alliance. Pour Capucine Edou, « ce qui compte c’est qu’on fasse partie prenante de cette union ». « On porte tous le même programme et on sait que nos idées seront de toute façon portées » ajoute-t-elle. Il n’y a plus que dix candidats du mouvement encore en lice pour le second tour, sur les douze au départ, ce qui rend « heureuse » la porte-parole de Génération.s. « Nos candidats sont sur des circonscriptions qu’ils connaissent, des candidats de qualité » insiste-elle. S’ils remportent les élections dans leur fief, les dix candidats intégreront le pôle écologiste du Palais Bourbon, « nous porterons collectivement nos idées à l’Assemblée nationale ». « Il y aura également un intergroupe parlementaire au sein de la NUPES » explique Capucine Edou, « qui permettra de se mettre d’accord et de poursuivre ce travail collectif et collaboratif que nous menons ». Même si « ensemble nous sommes plus forts », la fusion de deux partis n’est pas envisagée par l’ancienne candidate à la Mairie du 7e arrondissement de Paris. « On a chacun des différences et des idées qu’il faut parfois confronter et puis il y a une question d’histoire différente. C’est important de faire vivre ces histoires et de prendre nos responsabilités »

Capucine Edou est confiante quant au second tour des législatives pour les dix candidats de Génération.s, « on fait des campagnes qui sont extrêmement dynamiques et je pense que nous serons nombreux à l’Assemblée nationale dimanche soir ». Elle aimerait rappeler aux abstentionnistes, tous ceux qui ne sont pas allés voter au premier tour, que « c’est possible de gagner ». « Il y a beaucoup de gens qui se découragent, qui pensent que les choses sont jouées d’avance » s’indigne-t-elle. Pour la porte-parole de Génération.s « plus de quatre-cents candidats sont qualifiés au second tour. Il y a des dynamiques, c’est quelque chose, je pense, de mobilisateur ». 

« Le gouvernement est en train de paniquer en ayant des propos complètement outranciers et tout à fait irresponsables en renvoyant dos-à-dos la NUPES et le Rassemblement national »

« Il y avait une vraie attente de l’union de la gauche » souligne Capucine Edou. Elle met un point d’honneur à « l’urgence sociale et l’urgence écologique, on le voit en ce moment avec la canicule ». 25,7% au premier tour des élections législatives pour la Nouvelle union populaire écologique et sociale, un score « satisfaisant » pour cette « union porteuse d’espoir ». « Ça nous a permis d’avoir plus de 400 candidats qualifiés pour le second tour » insiste la porte-parole de Génération.s, des candidats qui sont « clairement en dynamique ». Pour elle, « le gouvernement est en train de paniquer en ayant des propos complètement outranciers et tout à fait irresponsables en renvoyant dos-à-dos la NUPES et le Rassemblement national ». Capucine Edou paraît confiante quant au second tour qui s’annonce : « nous pouvons être majoritaires à l’Assemblée nationale, c’est-à-dire avoir au moins 289 sièges dimanche ». Cette majorité absolue pour la gauche « permettrait de gouverner le pays et de mettre en place les lois qui vont servir à rétablir de la justice sociale et cette attente forte pour la transition écologique dont nous avons absolument besoin ». Pour l'ancienne directrice du centre Asie, Pacifique, Afrique, Moyen-Orient, au sein de la direction internationale de Sciences-Po, « le deuxième tour des législatives est une nouvelle élection et là on sent qu’il y a vraiment une dynamique ».

L’union de la gauche était nécessaire, « je le pense » déclare Capucine Edou. « On l’a vu lors de la présidentielle, il y avait ce besoin et cette attente. Notre dispersion ne nous a pas permis de nous qualifier pour le second tour ». Une alliance de la gauche qui n’est pas en accord sur l’ensemble des propositions de chaque parti, sur la question du nucléaire par exemple, « c’est vrai que le Parti communiste n’a pas le même positionnement, nous, nous voulons aller vers le non-nucléaire et les énergies renouvelables ». Elle explique : « dans notre programme nous avons 650 propositions pour lesquelles nous sommes d’accord et effectivement il y en a une trentaine sur lesquelles nous ne sommes pas alignés les uns avec les autres, mais c’est aussi à ça que sert le Parlement, c’est à trancher les choses ». La NUPES se « soumettra aux votes du Parlement, c’est tout à fait normal et démocratique ». Concernant le nombre de candidats investis par l’alliance pour chaque parti, « il y a un rapport de force à la présidentielle dont il faut tenir compte, c’est logique et c’est normal » ajoute Capucine Edou. « Chaque parti a trouvé sa place dans cette union ». Un front de gauche qui ne comprend pas le Parti anticapitaliste et Lutte ouvrière qui « n’avaient pas forcément le souhait d’en faire partie prenante ». La porte-parole de Génération.s « regrette pour eux » que des éléphants du Parti socialiste comme Bernard Cazeneuve ou François Hollande ne soutiennent pas la NUPES.

Regardez son interview en vidéo

Photo : DR


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