Jean-Fédéric Poisson : « Les Républicains deviennent durablement incapables de piloter les affaires nationales »


Publié le 25.05.2022


INTERVIEW/VIDÉO - Jean-Frédéric Poisson, président de « VIA, la voie du peuple » n’aurait pas accepté de portefeuille ministériel si Emmanuel Macron lui avait proposé, comme ont pu le faire d’anciens cadres de l’UMP ou des Républicains car il « ne travaille pas avec les gens dont (il) ne partage pas le projet politique ».

Le temps d’attente pour la nomination d’Elisabeth Borne en tant que Première ministre a été « beaucoup trop long » pour Jean-Frédéric Poisson, « surtout si c’est pour nommer la personne dont on a parlé en premier ». Il pense qu’Emmanuel Macron « avait probablement l’intention et la volonté de nommer Elisabeth Borne à Matignon dès le début ». Pour le président de « VIA, la voie du peuple », « on assiste à une stratégie identique à celle de la présidentielle, on fait porter le débat au fond sur les enjeux internationaux plutôt que sur les enjeux nationaux. Pour la nomination du gouvernement on maintient le suspens, comme ça on évite de rentrer en campagne et de parler des enjeux qui nous intéressent tous à l’occasion de ces élections législatives ». Jean-Frédéric Poisson en est conscient, cette attente « n’est pas au détriment des propres intérêts d'Emmanuel Macron, sinon il ne le ferait pas » mais estime que « c’est une forme de manque de considération à l’égard du peuple français et il y a une volonté d’escamoter les enjeux réels qui nous attendent ». Pour le nouveau gouvernement, le candidat à la primaire de la droite et du centre en 2017 « attend que chacun des ministres fasse ses preuves ». Plusieurs anciens cadres de l’UMP ou des Républicains ont rejoint Emmanuel Macron (Bruno Lemaire, Gérald Darmanin, Édouard Philippe ou encore Damien Abad), pour Jean-Frédéric Poisson, « nous avons sous nos yeux la raison et l’explication de la désaffection des français à l’égard de cette grande famille politique qui a donné cinq chefs d’état et des dizaines de ministres ». « Faute d’avoir une ligne politique claire, les Républicains sont en train de s’affadir et de s’effondrer sur le plan national » ajoute-t-il. Le soutien d’Éric Zemmour précise : « le parti devient durablement incapable de piloter les affaires nationales tant qu’il n’a pas décidé de trancher sur une doctrine politique ». Si Emmanuel Macron lui avait proposé un portefeuille ministériel, le président de « Via, la voie du peuple » aurait refusé car il « ne travaille pas avec les gens dont je ne partage pas le projet politique ».

« Si Reconquête obtient sept ou huit députés, ce sera bien, une bonne surprise »

Jean-Frédéric Poisson, soutien d'Eric Zemmour, en est conscient, « notre formation politique ne fait pas partie des formations les plus grosses de la politique française ». Pour lui, deux « écoles » existent, « la première qui dit qu’il faut se bagarrer pour gagner et la deuxième qui sait qu’il faut se bagarrer quand on a des idées à défendre, nous sommes de la seconde école ». « Si nous gagnons c’est bien, si nous ne gagnons pas on aura au moins eu la satisfaction de défendre nos idées devant des gens qui sont prêts à les écouter » ajoute-t-il. L’ancien député « continue de croire qu’en (s)’adressant à tous ceux qui sont prêts à (les) écouter il y a peut-être quelque chose qui peut réveiller un réflexe d’interrogation, d’intérêt et de critique à l’égard de ce qui est train de se dérouler ». Pour lui, le résultat des élections législatives importe peu, « les choses vont se passer dans la rue, pas à l’Assemblée nationale. Elle est devenue une forme de péripétie de la vie institutionnelle, c’est très malheureux mais c’est ainsi ». « Les choses vont se passer en dehors des instituions, c’est très dangereux, mais c’est ce qu’il va se passer » ajoute-t-il. L’ancien maire de Rambouillet estime toutefois que « si Reconquête obtient sept ou huit députés, ce sera bien, une bonne surprise ». Il considère qu’avec le score « plus qu’honorable » que l’ancien polémiste a fait à la présidentielle (7,07%), « c’est difficile d’envisager d’avoir beaucoup plus d’élus que ça ».

« Pourquoi monsieur Jacob, madame Le Pen et monsieur Zemmour ne sont pas capables de faire ce que monsieur Faure, monsieur Mélenchon et monsieur Bayou ou monsieur Jadot ont réussi à faire de leur côté ? » s’interroge Jean-Frédéric Poisson. Selon lui, « Monsieur Mélenchon est en train de renvoyer à la droite française qu’elle soit nationale conservatrice, conservatrice c’est notre cas, ou libérale comme c’est le cas plutôt des Républicains ou centriste. Il nous renvoie une image d’échec dont nous aurons beaucoup de mal à nous remettre ». L’ancien député ne s’en cache pas, il était pour une union de la droite, il « milite pour ça depuis cinq ans ».

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Photo : Archives MRG Médias / Lucas Pierre


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