Jonathan Kienzlen : « le PS ne sera pas mort financièrement et politiquement à la fin de la présidentielle »


Publié le 22.02.2022


INTERVIEW/VIDEO - Pour Jonathan Kienzlen, premier secrétaire fédéral PS Val-de-Marne, Anne Hidalgo peut faire un bien meilleur score à la présidentielle que les sondages le laissent penser. Il craint toutefois que les candidats de gauche « s’écrasent contre un mur » avant le début du premier tour.

Alors que la campagne présidentielle continue, Jonathan Kienzlen, premier secrétaire fédéral du Parti socialiste dans le Val-de-Marne, est réaliste : « ce n’est pas la joie à gauche ». Fabien Roussel, Philippe Poutou, Jean-Luc-Mélenchon, Yannick Jadot, Nathalie Artaud, Christiane Taubira et Anne Hidalgo sont tous candidats et « le nombre de candidatures additionné fait à peine 25% » reconnait le membre du PS, dépité, sur MRG, vendredi 18 février. « C’est un mauvais chemin que nous sommes en train de prendre et c’est assez déroutant ».

Jonathan Kienzlen ne perd néanmoins pas espoir et souligne son soutien à la maire de Paris pour la présidentielle qui, d’après lui, a un « bon projet d’avenir qui traite les questions d’urgence écologique, démocratique et sociale ». Mais il le reconnait, « le PS peine à convaincre les français. Nous le voyons à travers les sondages ». Il observe une dynamique à droite et dans les extrêmes mais pas du côté de sa candidate, « malheureusement ». Cependant, le premier secrétaire fédéral PS du Val-de-Marne reste persuadé qu’Anne Hidalgo « peut faire un meilleur score », même si elle n’est « clairement pas favorite ». Il l’explique par la « réussite du Parti socialiste à avoir conservé un bon nombre de villes, de régions et de départements ». Il assure également que « les scores des sondages ne correspondent pas à l’implantation du PS en France ». « Tant qu’il n’y a pas de débats, tout n’est pas terminé ». L’ancien conseiller général du Val-de-Marne expose toutefois ses craintes quant aux nombreuses candidatures à gauche : « on va tous s’écraser contre un mur ». Si l’idée d’une union à gauche plait à Jonathan Kienzlen, elle aurait tout de fois dû se faire plus tôt : « je crains que ce ne soit trop tard ». Il vise toutefois les élections législatives où « une alliance doit être faite », selon lui.

Le diplômé en journalisme est aussi revenu sur la Primaire populaire qui avait donné Christiane Taubira comme grande gagnante. Une primaire qui « n’avait de primaire que le nom, ça n’avait aucun sens ». Pour lui, elle ne semble pas correspondre à une « réalité démocratique ». Anne Hidalgo avait pourtant proposé une primaire en début de campagne présidentielle mais « cette volonté n’a malheureusement pas été partagée par les autres candidats à gauche » regrette-t-il.

Jonathan Kienzlen ne cache cependant pas les bons résultats dans les sondages de Jean-Luc Mélenchon. « Nous observons un frémissement de son côté ». Une alliance du PS avec les Insoumis reste néanmoins compliquée « de part la différence de nos idées » explique-t-il.

Sorti le jeudi 17 février, le sondage Odoxa mettait Anne Hidalgo à 2,5%. Un résultat qui, s’il ne change pas, ne permettra pas au Parti socialiste de se faire rembourser une partie des frais de campagne (ndlr. il faut au minimum 5%). Jonathan Kienzlen rassure les militants du PS : « fort de son réseau d’élus locaux, notre parti n’a pas de problème d’argent ». Quel que soit le score de la maire de Paris à la présidentielle, « le PS ne sera pas mort financièrement et politiquement » ajoute-t-il.

« L’Union européenne compte trop sur la France pour être son armée militaire »

La France s’est retirée du Mali le 16 février dernier. L’opération Barkhane prend fin tout simplement « parce qu’on nous a demandé de partir » explique Jonathan Kienzlen, qui considère ce départ normal même s’« il aurait pu être fait dans de bonnes conditions, pas comme les États-Unis en Afghanistan ». L’ancien conseiller général du Val-de-Marne trouve que la France a « fait en sorte que la capitale malienne ne tombe pas aux mains des terroristes ». Un objectif qui n’a pas « totalement fonctionné » ajoute-t-il. « La France ne peut pas tout faire toute seul ».

Jonathan Kienzlen souhaite que l’Union européenne « se dote d’une force de défense globale ». Une chose impossible aujourd’hui, selon lui, car « les 27 pays ont du mal à parler d’une seule et même voix » et ne trouvent pas d’accord. Le premier secrétaire fédéral du Val-de-Marne déplore ainsi que l’Union européenne « compte trop sur la France pour être son armée militaire. Mais ce n’est pas toujours possible ».

Aujourd’hui, le continent africain est en proie à « différentes poussées géopolitiques ». La Russie, grâce à l’aide de l’entreprise paramilitaire Wagner, a une certaine influence en Afrique et notamment au Mali. « De manière directe ou indirecte, les russes essaient, comme toutes les grandes puissances, de mettre son nez partout ». Jonathan Kienzlen exclue, lui, la potentielle fin de l’influence française dans les pays africains. « La langue française y est beaucoup parlée » explique-t-il avant de souligner également les liens historiques entre la France et l’Afrique. Il reste toutefois conscient que « notre présence sur le continent africain n’a pas toujours été un triomphe ».

« Vladimir Poutine ne franchira pas la ligne rouge en Ukraine »

La situation entre l’Ukraine et la Russie inquiète le monde entier depuis plusieurs semaines. Pour Jonathan Kienzlen, « la France doit avoir une position forte dans ce conflit, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui ». « Les Russes ont pour le moment l’ascendant dans le Donbass » ajoute-t-il. Selon lui, il y a une volonté russe de faire « comme l’annexe de la Crimée ».

Dans ce conflit, Joe Biden joue un rôle que l’élu du PS considère « peu productif ». En cas d’invasion russe en Ukraine, « il faudra mettre en place des représailles économiques et diplomatiques » mais Jonathan Kienzlen souhaite éviter que la France s’engage dans un conflit militaire avec la Russie : « La France n’y aurait aucun intérêt ». Il pense toutefois que le président Vladimir Poutine « ne franchira jamais la ligne rouge ». Pour lui, « bien que peu recommandable, c’est un homme très intelligent ».

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Photo : CC0


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