Jérôme Bascher (LR) si Les Républicains ne sont pas au second tour de la présidentielle : « je ne sais pas ce qu’il adviendra des idées du parti »


Publié le 27.10.2021


INTERVIEW - Jérôme Bascher, sénateur Les Républicains de l’Oise, était l’invité politique de Raphaël Bardenat et Adrien Hardy, mardi 26 octobre. Il a reconnu craindre que les adhérents votent pour le candidat « qu’ils préfèrent plutôt que le plus présidentiable » lors du congrès du parti le 4 décembre prochain.

Valérie Pécresse et Xavier Bertrand ont annoncé reprendre leur carte Les Républicains mi-octobre, une décision que le sénateur ne considère pas « importante ». « Ce qui était bizarre, c’était de se présenter à une élection à laquelle ils ne pouvaient même pas voter ». Le congrès se tient le 4 décembre 2021, une date que l’élu de l’Oise trouve « tardive ». Il ne s’en cache pas, Jérôme Bascher a déjà choisi son candidat : Xavier Bertrand. « Je le connais depuis longtemps, il représente une droite populaire et sociale ». Pour lui, c'est un candidat qui « rassemble des gens qui viennent de la gauche et de l’extrême droite ». Le conseiller départemental de Senlis (Oise) estime toutefois que « le congrès a peut-être été organisé en fonction des intentions de vote à la présidentielle ». Si Les Républicains n’accèdent pas au second tour en 2022, « je ne sais pas ce qu’il adviendra des idées du parti ». Il craint également que le nombre d’adhérents y soit « divisé par deux ». « Il y a un risque qu’ils choisissent le candidat qu’ils préfèrent plutôt que le plus présidentiable » ajoute-t-il. Le casting du congrès reste néanmoins « moins bien que celui de la primaire en  2016 », même s'« il y a quand même des anciens ministres qui se présentent ».

« L’arrivée de Christian Jacob à la tête du parti était nécessaire après une telle défaite aux européennes »

Retour en 2019. Laurent Wauquiez démissionne après que le parti a obtenu un score très faible (8,5%) aux élections européennes de 2019. Les Républicains élisent un nouveau président du parti le 13 octobre 2019. Jérôme Bascher ne voit pas le mandat de Laurent Wauquiez d'un mauvais oeil : « ce n’était pas un mauvais président, c’était un homme de talent ». « C’était une bonne initiative qu’il ne se présente pas au congrès » ajoute l’élu de l’Oise. « L’arrivée de Christian Jacob à la tête du parti était nécessaire après une telle défaite aux européennes ». Un homme que le sénateur considère « consensuel au sein du parti ». L’ancien président du groupe LR à l’Assemblée nationale est presque invisible dans les médias, une situation que Jérôme Bascher trouve « normale », car ce n'est « pas son rôle ».

« Ma véritable inquiétude, c’est un deuxième tour Zemmour - Le Pen, si c’est le cas je ne vais pas voter »

Jérôme Bascher n’est pas en accord avec l’extrême droite : « Éric Zemmour et Marine Le Pen, c’est le même fonds de commerce ». Il ne partage pas leurs idées qu’il juge « nauséabondes ». Mais sa véritable inquiétude, c’est « un deuxième tour Zemmour - Le Pen à la présidentielle, si c’est le cas, je ne vais pas voter ». La candidature ne fait malgré tout pas vraiment peur au sénateur : « Zemmour n’a ni programme, ni troupe ».

En cas de second tour Emmanuel Macron - Marine Le Pen en 2022, Jérôme Bascher est sûr de lui : « je vote Macron ». Un candidat qu’il trouve cependant « clivant » et dont « la capacité d’attraction est moins forte que celle d’Édouard Philippe ». Pour lui, l’actuel président de la République ne « représente plus l’avenir, même s’il est favori dans les sondages ».

« Avoir un permis de chasse, c’est être formé à la chasse »

Jérôme Bascher n’est pas chasseur. Il y est pourtant « favorable ». Une pratique que l’élu de l’Oise estime « utile pour réguler les espèces ». Selon un sondage de l’Ifop sorti le 16 septembre 2021, 93% des Français souhaitent l’instauration d’une visite médicale annuelle obligatoire, pour le permis de chasse avec contrôle de la vue. Le sénateur n’est pas de cet avis puisque pour lui, « avoir un permis de chasse, c’est être formé à la chasse ». Il est également « favorable à la chasse à courre » mais pense que celle-ci va « mourir dans quelques années » pour laisser place à la chasse plus traditionelle et les abattoirs. « Ma philosophie, c’est de dire, je n’aime pas la chasse, je n’y participe pas » termine Jérôme Bascher.

Photo : MRG / Raphaël Bardenat


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