Procès du 13 novembre - Pour Carole Damiani : « il y a aussi des témoignages qui sont plein d’espoirs, plein de vie »


Publié le 21.10.2021


INTERVIEW / VIDEO - Invitée de l’émission Time Break sur MRG, la présidente de Paris Aide aux victimes a expliqué le rôle d’accompagnement de l’association au procès du 13 novembre.

« C’est sûr qu’il y a beaucoup d’émotions ». Depuis le 28 septembre, l’audition des parties civiles a commencé au procès du 13 novembre. Les témoignages des rescapés du Bataclan, des terrasses et restaurants parisiens visés, du Stade de France et des proches de victimes décédées s’enchainent. Un moment difficile qui doit durer cinq semaines au Palais de Justice de Paris. Pour aider les victimes à vivre et à surmonter le procès, l’association Paris Aide aux victimes a été mandatée par le parquet national antiterroriste. Une dizaine de psychologues et d’accompagnants est présente chaque jour dans les salles du procès. Interrogée vendredi 1er octobre sur MRG, sa présidente Carole Damiani a évoqué une première semaine de témoignages importante pour les rescapés : « La salle est toujours très émue lorsqu’elle entend les témoignages des victimes mais c’est pour elles une façon de faire revivre ceux qui ne sont plus là ». « Un curieux mélange entre des témoins, des partis civiles qui témoignent avec beaucoup d’émotions de tout ce qu’ils ont perdu, de tout ce qu’ils ont vécu, de leur souffrance » : voilà comment Carole Damiani a vécu ces premiers jours.  Mais ce qui l’aura surtout marqué, c’est la force de certaines victimes : « Il y a aussi des témoignages qui sont plein d’espoirs, plein de vie avec une envie de vivre qui est tout à fait étonnante ». Des récits qui ont très certainement donné de l’espoir aux autres rescapés, selon la présidente de Paris Aide aux victimes.

« Dès que nous détectons une détresse […] nous les aidons à en parler »

Pendant deux ans, l’association a préparé le procès aux côtés des victimes. Les psychologues ont notamment pu les aider à savoir, à choisir si témoigner pouvait les faire avancer. « On fait toujours, quand il y a une préparation, le pour et le contre. ‘Pourquoi je veux témoigner ? Qu’est-ce que ça m’apporte ?’ Donc les bénéfices que ça peut apporter et puis, on les met en balance avec le risque. ‘Est-ce que le risque, ce n’est pas de m’effondrer ? Est-ce que le risque, ce n’est pas de laisser exploser ma colère contre ceux qui ont fait ça ?’ » explique Carole Damiani. Aujourd’hui, le rôle de l’association au procès est légèrement différent. Répartis dans la salle principale et les salles de retransmission du procès, les psychologues se retrouvent auprès des victimes qui peuvent faire appel à eux. Mais ils peuvent également détecter « quelqu’un qui aurait peut-être besoin d’en parler parce qu’il ne va pas bien » assure Carole Damiani. « Dès que nous détectons une détresse, une émotion qui les déborde complètement, nous les aidons à en parler. Nous les sortons de la salle et nous faisons une pause avec eux ». Le soutien de l’association est alors précieux aux victimes. Comme l’explique Carole Damiani, également docteur en psychologie, « l’important, c’est non pas de ne pas ressentir des émotions […] mais plutôt de ne pas être débordé, de ne pas être angoissé et de pouvoir en parler ».

Soutenir l'association

Cet accompagnement réalisé par Paris Aide aux victimes ne s’arrêtera d’ailleurs pas fin mai 2022, au terme du procès du 13 novembre. Pour Carole Damiani, le plus dur reste peut-être à venir. « Un procès, ça mobilise beaucoup d’énergies, ça peut aussi après donner une période un peu dépressive, un peu triste. Pendant neuf mois, on tient et toute l’énergie est mobilisée puis tout d’un coup, plus rien, explique-t-elle, ce moment après est difficile à vivre parfois. D’où l’importance d’être là à ce moment ».

Si vous souhaitez aider l’association Paris Aide aux victimes, la solution est simple pour la présidente : « un soutien tout simplement pas des mots, par des lettres, que l’on peut ensuite transmettre éventuellement aux victimes. L’équipe a besoin aussi de temps en temps d’avoir des soutiens de la part de ceux qui peuvent en profiter ou d’autres personnes. Je crois que c’est déjà beaucoup ».

Regardez l’interview en vidéo

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Photo : Emilie Chaix / Ville de Paris


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